Hallux
valgus
Une déviation progressive du gros orteil vers l'extérieur du pied, qui fait saillir l'articulation à sa base, communément appelée « oignon ».
Premier rayon, HVA · MTP1 · Sésamoïdes
Qu'est-ce que l'hallux valgus ?
Le terme vient du latin hallux (gros orteil) et valgus (tourné en dehors). Il désigne une déformation progressive de l'avant-pied : le gros orteil s'incline vers les orteils voisins, tandis que la tête du premier métatarsien bascule vers l'intérieur du pied.
Ce désalignement fait saillir l'articulation à la base du gros orteil sur le bord interne du pied : c'est la bosse caractéristique, souvent appelée « oignon ». Cette saillie est régulièrement le siège d'un conflit avec la chaussure, à l'origine d'une inflammation chronique de la bourse séreuse qui la recouvre.
L'hallux valgus n'est pas qu'un problème esthétique : c'est avant tout un trouble fonctionnel de l'appui et de la marche, dont la prise en charge dépend du retentissement réel sur le quotidien.
Le premier rayon du pied
Quatre structures sont au cœur de la déformation.
- Le 1ᵉʳ métatarsien, l'os long qui relie l'arrière du pied au gros orteil. Sa tête s'articule avec la 1ʳᵉ phalange.
- L'articulation métatarso-phalangienne (MTP1), la charnière qui permet la propulsion à chaque pas. C'est son instabilité qui initie la déformation.
- Les sésamoïdes, deux petits os logés sous la tête du métatarsien, qui amortissent l'appui et guident le tendon fléchisseur.
- La 1ʳᵉ phalange (P1), l'os du gros orteil, dont l'axe dévie progressivement vers les orteils latéraux.
hallux valgus
intermétatarsien
Reconnaître un hallux valgus
Le premier signe n'est pas toujours douloureux : c'est souvent la déviation visible du gros orteil et la « bosse » qui apparaît sur le bord interne du pied.
La bosse et la douleur
La saillie osseuse frotte dans la chaussure et s'enflamme : c'est la bursite, une rougeur douloureuse à la base du gros orteil. La douleur du premier rayon est le motif de consultation le plus fréquent.
Le retentissement sur l'avant-pied
Avec le temps, l'appui se modifie : des douleurs apparaissent sous l'avant-pied (métatarsalgies), des durillons se forment, et les orteils voisins peuvent se déformer en griffe.
L'examen et la radiographie
Le diagnostic est clinique : le médecin examine le pied allongé, debout et à la marche. Une radiographie du pied en charge mesure la déformation (angles HVA et IMA) et guide la décision.
Le motif qui pousse à consulter est presque toujours l'un des deux mêmes : une douleur quotidienne ou quasi quotidienne, et l'impossibilité de se chausser correctement. S'y ajoute souvent, pour ceux qui sont actifs, l'impossibilité de pratiquer leur sport sans douleur, randonnée, course, tennis, danse.
Il n'existe pas de corrélation directe entre la sévérité radiographique et les symptômes ressentis. Le critère de décision est la douleur et l'impotence fonctionnelle, pas l'angle mesuré sur la radio. Une exception cependant : quand la déformation est très marquée et commence à entraîner une déformation des orteils voisins, griffes, chevauchements, la question chirurgicale peut être discutée avec le chirurgien même en l'absence de douleur quotidienne, pour éviter que le désordre ne s'installe sur l'ensemble de l'avant-pied.
Comment la déformation s'installe
L'hallux valgus est multifactoriel : il résulte presque toujours de la rencontre entre un terrain prédisposé et des contraintes mécaniques répétées.
Facteurs anatomiques
Avant-pied large, gros orteil plus long que le second (morphologie « égyptienne »), ou hypermobilité du premier rayon : ces particularités, souvent familiales, fragilisent la stabilité de MTP1.
Le chaussage
Chaussures à bout pointu et talons hauts compriment l'avant-pied et poussent mécaniquement le gros orteil vers les orteils voisins, accentuant une fragilité déjà présente.
Âge et hormones
Le relâchement des structures ligamentaires lié à la ménopause, puis le vieillissement des tissus, favorisent l'élargissement progressif de l'avant-pied.
L'hallux valgus en chiffres
Une revue systématique avec méta-analyse (Nix et al., 2010, PMC2955707) a regroupé 78 études pour établir les premières données de prévalence fiables à l'échelle mondiale.
des adultes sont touchés tous âges confondus. La prévalence augmente avec l'âge et atteint 35,7 % chez les personnes de plus de 65 ans.
des hallux valgus recensés sont modérés à sévères (HVA ≥ 20°). La déformation légère (HVA 15–20°) est la plus fréquente.
Références de cette page
- Nix S, Smith M, Vicenzino B., Prevalence of hallux valgus in the general population, J Foot Ankle Res, 2010, PMC2955707
- Ferré B., L'hallux valgus ou « oignon », SOFCOT
- AFCP, Fiche d'information patient hallux valgus